N’ayons pas peur

Que faire ?

Voilà une question que je me pose très souvent, et qui très souvent, me paralyse. Que faire, face à l’effondrement à venir, face aux pandémies à venir, face à la connaissance absolue à venir ?

Que faire, face au triste goût des lendemains qui se ressemblent ? Face aux mornes perspectives de reproduction, et de préservation ?

Et tout cela, toute cette incertitude, tout cela mène à la peur, fille lunaire de l’ennui.

Or ce que nous faisons spontanément, face à la peur, c’est d’abord l’éviter. On l’évite en l’ignorant, ou pire, en la refoulant – loin de moi, ce climat qui se réchauffe ; loin de moi, ce savoir qui s’épuise ; loin de moi, cette énergie qui me déborde. Nous en venons à vouloir anéantir ce qui réveille nos peurs : la Terre, le Savoir, le Désir. Et de cet anéantissement ne nait rien d’autre que la confrontation, et la guerre – nous précipitons notre réveil à la réalité en cherchant à la détruire.

Ou bien plutôt qu’anéantir la peur, nous cherchons à l’apprivoiser : la rationaliser, la contenir, pour mieux la laisser nous déborder, et l’expulser sur les autres. Quitte à les écraser au passage, quitte à trouver des boucs-émissaires à nos souffrances.

Sauf que voilà, la peur est là, et si elle est là, et que nous voulons vivre, nous devons l’affronter et la surmonter. Il ne sert à rien de fermer les yeux sur le réchauffement climatique, sur les inégalités et les blocages sociaux, sur l’absence de perspectives d’avenir.

Parce que si chacun de nous a les mêmes peurs, tous, collectivement, nous allons nous rappeler à nos peurs.

Que faire alors ?

Il nous faut avant tout recommencer à avoir confiance. Et le début de la confiance, c’est l’acceptation de nos failles et de nos échecs, qui ne disent pas à eux seuls qui nous sommes, mais qui participent de notre construction d’être. Nous n’avons pas su préserver le climat, peut-être, mais nous avons maintenu la paix ; nous n’avons pas su permettre à chacun de se réaliser, peut-être, mais nous avons cherché à nous réaliser collectivement ; nous n’avons pas su rêver du beau, peut-être, mais nous avons déjà expulsé le laid des cauchemars.

Il ne tient qu’à nous d’inventer les lendemains de santé et de paix, après la maladie et la guerre ; il n’y plus qu’à se mettre à travailler.

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