Pour un avenir tendre, post-Covid

Nous voilà tous confinés : obligation de face à face, ou de corps à corps.

Heureux les athlètes, les sportifs, les cuisiniers, et les jardiniers, qui affrontent la déchéance du corps avec le courage de la lucidité.

La maladie m’avait déjà rappelée à mon corps il y a trois ans ; le Covid-19 me rappelle à son urgence, et à sa minuscule fragilité. Il est à espérer, que tous, nous en sommes là : à sentir le corps, puis à en connaitre ses limites.

Limites franchies, je le souhaite, par un peu plus de tendresse pour ces corps : tendresse sincère pour le présent, et ses impératifs de vie ; tendresse exigeante pour le futur, et ses espoirs d’éternité.

Nous voilà tous confinés : obligation de tête à tête, ou de têtes à têtes.

Heureux les guéris, les aimés, les aimants, qui prennent et comprennent le présent et l’avenir comme des fatalités de bonheur.

J’ai entendu à la radio, et j’ai lu dans les journaux, qu' »on » ne craignait pas tant, dans les banlieues, un non-respect des règles de confinement, mais une implosion des énergies, énergies de jeunes gonflés de leurs héritages. J’ai entendu, et j’ai lu aussi, que le nombre de signalisations à la gendarmerie des violences conjugales avait bondi de 30% en quelques jours : dans les huis clos familiaux, quels comptes se règlent ? quels insuffisances rendent fous de violence les maris ? quelles réalisations de soi et sur soi redonnent force et courage aux femmes ?

Peut-être le salut est-il dans la tendresse des mots réconfortants soufflés à soi, dans la tendresse des mots doux murmurés aux enfants en les bordant, dans la tendresse des mots inquiets envoyés aux grands-parents.

Nous voilà tous confinés : obligation d’être à être, ou d’êtres à êtres.

Heureux les amoureux, les familles, qui choisissent leur destin collectif en franchissant la barrière des bisous et des câlins.

J’ai lu que lorsqu’il naissait, un bébé avait besoin de contact physique, sans quoi il dépérissait ; adultes, sommes-nous différents ? pouvons-nous survivre en ne restant qu’à l’intérieur de nos peaux ? pouvons-nous respirer en n’entendant que le rythme de nos propres coeurs ? pouvons-nous voir en n’ayant que nos reflets à contempler ? Narcisse dépérit à ne regarder que lui ; Bethoveen devient sourd à ne jouer que de lui ; Siddharta devient Bouddha à ne plus étreindre ses frères humains.

C’est peut-être là que se niche la tendresse : dans l’harmonie née de la connexion des êtres. Et c’est peut-être ça qu’il faut espérer, la contamination passée.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :