Philosophie appliquée 1.0

Avertissement au lecteur : je n’ai pas grand chose de plus à dire que les autres au sujet du Covid, j’estime que tout a été dit, mais je n’aime ni la page blanche ni l’absence. Aussi j’en reviens aux fondamentaux – encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots. Les mots/maux de la philosophie. Et surtout, comme toujours avec la philosophie, bien plus de de questions que de réponses.

Je me suis beaucoup interrogée sur le fameux « rien ne sera plus jamais comme avant » après cette crise. Je me suis demandée quels en seraient les grands principes, et j’en suis arrivée aux mêmes éternelles évidences :

Le travail, c’est la santé, mais il faudrait travailler moins pour gagner plus : la vie n’est pas ailleurs qu’au travail, mais elle n’est pas non plus contenue dans le travail. Il est donc temps de donner du travail à ceux qui n’en ont pas – à qui faut-il encore montrer les chiffres du chômage, les chiffres de la pauvreté, les chiffres de l’isolement ..? Et il est temps d’alléger ceux qui en ont trop, trop pour profiter réellement de l’existence, et des plaisirs faciles et à portée de leurs mains, plaisirs qui demandent un autre travail : les amours, les amis, la famille, la cuisine, le rire.

Du coup si le travail c’est la santé, il faut travailler bien pour gagner plus : à qui veut-on redistribuer la richesse produite ? aux compétents, aux expérimentés, aux reins-cassés ? ou aux débutants, aux assoiffés, aux pieds-nickelés ?

Tout ce que nous savons, c’est que nous ne savons rien, sauf peut-être que la discipline est maitresse de toutes les vertus : ne savons-nous pas que nous émettons, en trop grande quantité, les gaz qui nous intoxiquent et réchauffent notre air ? ne connaissons-nous pas des moyens faciles d’atténuer ces émissions ? ne nous manque-t-il pas seulement de la discipline du bon sens ?

Si la machine asservit un temps l’homme, ce ne peut être que pour le libérer du confinement de son existence, car science sans conscience n’est que ruine de l’âme : que ferions-nous sans Netflix pour nous divertir, sans Galica pour nous instruire, sans Zoom pour nous réunir, sans Facebook pour nous abrutir ? mais que ferions-nous aussi, si à trop vouloir partager les exploits de nos chats bravant des murailles de PQ, nous en perdions nos coordonnées bancaires, ou notre dignité intime ? ne savons-nous pas que nous sommes maitres de nos destins, et de nos outils ?

L’Union fait la force : ne voyons-nous pas que nous ne pouvons vivre sans les autres ? ne savons-nous pas que l’enfer, c’est les autres, peut-être lorsqu’ils nous toussent aux visages, mais rarement lorsqu’ils épongent nos larmes ou pansent nos blessures ? n’avons nous pas compris qu’il ne tient qu’à nous d’élargir nos frontières pour soigner et être soignés par nos frères ? à quel moment un respirateur polonais ou allemand ne remplit pas la même fonction qu’un respirateur français ou espagnol ?

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :